Petites immensités • Fotokino • des artistes et des livres que l’on admire • some artists and books we love.



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13. Simon Roussin, Été indien.

Depuis Robin Hood, publié alors qu’il est encore étudiant aux Arts Décoratifs de Strasbourg, Simon Roussin explore dans ses livres les grands mythes fondateurs qui ont marqué sa jeunesse : la figure du héros, le récit d’aventure, les paysages grandioses, les films de genre. 
En 2017, à l’occasion de l’exposition Été indien au Studio Fotokino, il a s’est aventuré en terrain inconnu, en produisant une série de peintures à l’huile de petit format, qui ont donné lieu à une publication. S’affranchissant des codes de la narration et de l’espace du livre, il imagine un univers énigmatique où se croisent les cow-boys et les truands, les femmes fatales et les étendues sauvages, chaque dessin appelant des souvenirs de cinéma, des images fantômes de films qui, parfois, feront confusément surface dans l’œil du regardeur.

« J’ai fait des dizaines de captures écran de scènes de films, tous genres, époques ou nationalités confondus. Simplement des plans que j’aimais dans leur construction, leur ambiance, ce qu’ils montraient ou suggéraient. J’ai ensuite imprimé et classé ces images pour essayer d’en dégager des thèmes, des éléments récurrents. Je me retrouvais avec beaucoup de scènes de western, beaucoup de plan de personnages étendus par terre, morts ou endormis, des gros plans sur des mains, des jeux de reflets, des paysages sauvages, etc. Contrairement à Ciné-club où je restais fidèle aux films et aux acteurs que je citais, ici je décidais de tout mélanger. Parfois, je gardais le plan tel quel, d’autres je changeais les personnages, les couleurs. Je prenais telle position d’acteur de tel plan pour la confronter au décor d’un autre film. J’obtenais ainsi des synthèses, comme des patrons des films que j’aimais et qui peuplaient mon imaginaire. »